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Comprendre et pratiquer l’étiquette

L’étiquette ou l’attitude au sein d’un Dōjō est un état d’être général vis-à-vis des pratiquants, du lieu et de l’enseignant. L’étiquette est un rapport à l’autorité dans ce qu’elle peut avoir de positif : elle guide et augmente les actions à tenir en les faisant reposer sur une tradition vivante. L’autorité est représentée, par ordre croissant par le Sempei (élève avancé), le Sensei (maître) et le Budō (ou l’école de pratique).

L’étiquette est d’abord une tradition vivante, elle se pratique de manière sérieuse mais sans la rigidité excessive que certains Budō veulent y mettre : il s’agit de progresser, pas d’une mécanique morte.

Le Dōjō : progresser ensemble
Ou la vie du Dōjō

Le Budō 11 et l’étiquette

La vie dans le Dōjō suit une étiquette (et la langue japonaise offre plusieurs options : Rei-hō – littéralement « loi du salut », Reishiki – « cérémonial du salut – ou Reigi – « l’ordre du salut ») qui guide les actions de chacun.

Les Budō sont plus ou moins stricts concernant le respect de celle-ci. Au Budō 11 nous cherchons plutôt à favoriser un entraînement sérieux dans un climat convivial, le but étant l’épanouissement de chacun.

Pour autant, le respect de la tradition fait partie intégrante de l’enseignement du Iaido, chaque pratiquant est donc amener à apprendre et appliquer un certain nombre de gestes codifiés :

  • Se mettre en position assise « Seiza » : 正座
  • Salut au sabre « Tōrei » : 刀礼
  • Méditation « Mokusō » : 黙想,
  • Salut à l’enseignant « Sensei ni rei » : 先生に礼
  • Se lever « Kiritsu » : 起立
  • Le salut au kamiza « Shomen ni rei »: 正面に礼

Certains gestes ont des significations zen, par exemple la position des mains pendant la méditation, et nous touchent donc plus ou moins. Mais l’étiquette est aussi un ensemble de bonnes habitudes.

Etre attentif à son sabre

Avant et après l’entraînement, lors des déplacements (par exemple pour aller au vestiaire), le sabre se porte dans la main gauche, à hauteur de hanche. La lame est légèrement extérieure et la Tsuka (poignée) un peu plus haut que le Kojiri (l’extrémité du fourreau), afin d’éviter que le sabre ne sorte de son fourreau et tombe.

Par ailleurs, le pouce de la main gauche verrouille la Tsuba (la garde) du sabre. Le Sageo (cordelette attachée au fourreau) est maintenu par l’index et le majeur. Nous avons détaillé le déplacement avec le sabre car c’est un bon exemple du niveau d’exigence requis par l’étiquette dans pratiquement tous les domaines.

Enfin, le Iaidō est une des disciplines ayant pour objet l’étude du sabre, il convient d’éviter des comportements qui sont vus comme irrespectueux : chevaucher son sabre, chahuter avec… Il s’agit après tout, et même si cela reste symbolique, d’un entraînement avec une arme.

Entrer dans le Dōjō

En entrant dans la salle d’entraînement, le pratiquant saluera le Dōjō, ou plus exactement l’hôtel d’honneur (Kamiza). Ce salut est répété à l’identique pour sortir de la salle. Le salut marque le respect envers le Dōjō et éventuellement son fondateur ou le fondateur du style.

Débuter l’entraînement

Après l’échauffement, avant de commencer l’entraînement, il convient de saluer son sabre (Tōrei). A partir d’une position à genou (ou Seiza), le Iaidoka pose son sabre devant lui et le salue en posant successivement sa main gauche puis droite à terre, puis en s’inclinant.

Dans certain Budō , le salut peut être plus protocolaire et comporter en plus une méditation Zen (Mokuso), un salut de l’instructeur (Shirei), puis enfin le Tōrei (salut du sabre). Le Shirei (ou salut à l’instructeur) démarre également en Seiza (position à genou). Mais plutôt que de pauser ses mains successivement, le pratiquant peut amener ses deux mains simultanément au sol, ce qui est un signe de confiance, puis s’incline.

S’entraîner

Après l’échauffement, l’entraînement se fait sous la supervision du Sensei (maître), ou d’un Sempei (élève avancé). Pour assurer la sécurité de tous, et sans tomber dans la paranoïa, il convient de conserver une certaine vigilance : le Iaidō amène à réaliser des figures où il est essentiellement question de frapper l’adversaire. Dans cet ordre d’idée, il faut éviter de passer devant un pratiquant ou de courir, et s’appliquer à garder une distance de sécurité en fonction de la figure (Kata) qui est demandée.

Finir l’entraînement et quitter le Dōjō

A la fin de l’entraînement, un salut collectif est organisé d’abord envers son sabre (Torei) suivi d’une méditation Mokuso, puis du salut au Sensei (Shirei), et enfin un salut au Dōjō ou au Kamiza (l’hôtel d’honneur). En sortant du Dōjō, on effectue juste avant de quitter la salle un dernier salut.

Note : Cet article a déjà fait l’objet d’une publication sur le site de Cour des Lions avant d’être légèrement retouché et inséré dans cette section.

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Ecrit par Nicolas Vilars le 26 mai 2013.
Catégorie(s) : opinion

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